25.10.2008

Corriger en ligne


Voici venu le temps des vacances, et sans doute aussi le temps des copies...

Souvent solitaire, la correction est jugée généralement comme fastidieuse pour le professeur, et peu intéressante pour l'élève qui s'attache davantage à la note qu'aux appréciations du correcteur;

pourtant, une collègue a trouvé, grâce aux outils informatiques (MSN, traitement de texte) le moyen de transformer la correction en dialogue avec l'élève, ce qui présente un double avantage :

  • rendre l'exercice moins ennuyeux pour l'enseignant et l'élève : en effet, l'écran offre une interface plus moderne, et plus ludique que la traditionnelle copie
  • rendre la correction plus efficace, car elle oblige l'élève soit à décrypter le code de correction utilisé par le prof (soulignement de diverses couleurs), soit à poser lui-même des questions pour préciser les connaissances vues en cours; de plus, le professeur propose une pré-correction avant la remise du devoir, ce qui incite l'élève à anticiper et s'investir davantage dans son brouillon.

L'élève est donc partie prenante de ce travail qui devient pour lui un complément précieux à ce qui se fait en classe...

Voici le témoignage de cette collègue,

Cathy REALINI, membre de l'Association WebLettres : 

"Une chose qui aide et rassure beaucoup ceux qui en ont besoin : j'accepte de pré-corriger leur travail via Internet !

Voici comment je procède : les élèves qui le veulent peuvent m'envoyer carrément par courriel, en pièce jointe, toute la version "brouillon" de leur travail qu'ils ont tapé sous Word. C'est très rapide à corriger pour moi, grâce à un "code-couleur" que je signale au début de la version corrigée que je leur renvoie. Je lis leur devoir et je passe en couleur(et en gras, pour que cela se voie) les passages de leur texte qui posent problème ; je laisse en noir tout ce qui "va bien" ou à peu près ; je passe en rouge + gras + souligné tout ce qui comporte des erreurs d'orthographe d'usage, d'orthographe grammaticale (accords...) et de conjugaison ; je passe en rose tout ce qui est problème de syntaxe/construction ; en marron tout ce qui concerne le lexique, le vocabulaire... S'il y a besoin j'ajoute de rapides commentaires [sur ce qui ne va pas, ou sur ce qu'il faudrait faire...] entre crochets et en bleu... Et si vraiment je pense que l'élève ne saura pas améliorer son travail par lui-même, je "corrige" directement en écrivant la version "correcte" et je passe en vert le texte remanié, mais c'est très rare (cela concerne essentiellement les problèmes de syntaxe/construction de phrase) ! Donc je ne récris absolument pas le devoir à la place de l'élève, je lui signale ce qui ne va pas pour qu'il puisse améliorer la forme (orthographe) ou le contenu de son devoir.

Les élèves qui m'envoient leur texte en pré-correction me disent que cela les aide énormément, et il est vrai que cela les fait beaucoup progresser. Mais ils sont très peu à faire ainsi, 3 ou 4 par classe. Il faut dire que cela leur demande un investissement considérable !!! Bien entendu, ils ne recopient pas tout leur travail à la main ensuite, ils n'ont plus qu'à imprimer leur 2ème (voire parfois 3ème !) version remaniée sur papier et me la rendent en classe, ou me l'envoient de nouveau via Internet. Je corrige "à la classique", au bic rouge sur papier..."

 

Une interview de cette même enseignante au journal de 20h, sur TF1,

vous donnera un complément d'information très vivant !

 

Déplacer le curseur à la moitié, pour arriver au témoignage de Cathy Réalini.

 

Alors, êtes-vous prêt à sauter le pas vers la correction en ligne ?

 

Isabelle FARIZON

10.10.2008

le TBI : j'ai testé pour vous !

Lundi dernier (06/10/08), j'ai eu l'opportunité de suivre une formation d'une journée sur l'usage du TBI ;
notre lycée est équipé d'un tableau "Prométhean" avec le logiciel Active Studio.

Nous avons vu trois niveaux d'usage du TBI :

  • niveau 1 : pilotage de l'ordinateur depuis le tableau
    le tableau reproduit, via le videoprojecteur,  l'écran  de l'ordinateur auquel il est relié ; l'intérêt est alors de pouvoir intervenir sur cet écran directement, en restant en situation frontale et debout face aux élèves, comme devant un tableau traditionnel ; le stylet spécial fait office de souris (la pointe = clic gauche et le bouton dessus= clic droit), et on agit exactement comme on pourrait le faire face à l'ordinateur.
    Mon avis : L'avantage est que l'on peut écrire manuellement (pas de clavier) : l'écriture est plutôt bien reproduite ; mais il existe aussi un outil permettant de transformer quai-simultanément, cette écriture manuelle en caractères d'imprimerie pour ceux qui écrivent mal.
  • niveau 2 : interventions sur un document projeté
    Il s'agit ici de commenter un document grâce à des outils proposés sur une barre "flottante" et personnalisable en fonction des besoins : on peut souligner (en couleur), surligner, entourer, encadrer, mettre des flèches, effacer... En fait, on crée ainsi une sorte de "calque", qui se superpose au fond d'écran sans le modifier : d'où posibilité de revenir en arrière par exemple...
    Mon avis :
    Cette utilisation m'a semblée très intéressante pour tout ce qui est travail sur un texte (repérage de champs lexicaux, de la qualification du personnage romanesque, du relevé des figures de style etc...) ; mais on peut aussi envisager une analyse d'oeuvre picturale ou photographique conçue de la même façon.
    Elle m'a paru facilement maîtrisable sur le plan technique : il suffit de prendre l'habitude d'aller chercher l'outil nécessaire dans sa "barre", grâce à la pointe du stylet, puis de le reposer au même endroit avant d'en choisir un autre.

    Ce niveau correspond à tous les exercices et présentations possibles au tableau noir, avec en plus, les fonctionnalités suivantes qui sont non négligeables :
    - sauvegarde possible du tableau (ce qui permet de poursuivre un cours interrompu par ex)
    - impression possible de la page ainsi créée : on peut alors photocopier un exercice conçu collectivement.
    - insertion de nouvelles pages et donc, enregistrement progressif du déroulement du cours : une fonction permet même d'enregistrer l'ensemble au format video, avec du son, ce qui peut être intéressant si on veut mettre son cours en ligne ou le transmettre à un élève malade par exemple.
  • niveau 3 : créations de scénarios pédagogiques
    il s'agit maintenant de concevoir un cours et des exercices dont les différentes étapes seront autant de "paperboard" (= pages) ; tout est alors possible, comme pour un diaporama (sauf les animations du texte) : insérer des liens, des images, du son, de la video, mêler texte et image, fabriquer des boutons permettant de passer d'une page à l'autre etc... et l'ensemble est exportable sous format .ppt ; inversement, on peut aussi importer un diaporama pour le transformer en "carnet de plusieurs pages"; ces pages peuvent également être séparément dupliquées lorsqu'on veut faire faire le même exercice à plusieurs élèves... Tout ce travail peut être préparé chez soi, en installant le logiciel d'outils sur son ordinateur personnel. 
    Mon avis :
    Pour avoir également suivi une formation sur la Présentation Assistée par Ordinateur (créer des diaporamas), j'ai trouvé que c'était plus facile de concevoir un cours avec le TBI, car il y a moins de choix esthétiques à faire, et on en reste à l'essentiel : le processus pédagogique qu'on peut visualiser successivement ou simultanément.

Remarques complémentaires : le TBI demande une installation technique simple mais qui prend du temps : un tableau mobile doit par exemple être calibré à chaque utilisation ; pour nous, les professeurs de français nomades dans les classes, c'est assez inconfortable. Il faudrait alors songer à équiper une salle spécifique, avec tableau fixe, videoprojecteur au plafond pour éviter de masquer l'écran quand on se déplace par exemple, et compléter l'équipement de tablettes interactives pour les élèves (au moins une, qu'on passe à l'élève pour qu'il agisse sans avoir à se déplacer), et de boîtes de vote, lorsqu'on veut s'assurer statistiquement qu'une notion a été bien comprise par la majorité des élèves...

Bref, une expérience intéressante qui a dédramatisé pour moi l'usage de cet outil dont on commence à parler beaucoup...

Isabelle FARIZON

01.10.2008

Publier, quelle drôle d'idée !

Dans le dernier numéro de la revue (n°62, paru en Juin 2008), Les Dossiers de l'Ingénierie éducative* présentent 10 monographies d'expériences diverses pour s'interroger sur la démarche de publication et son inscription dans une perspective didactique, au sein de l'Institution scolaire ou non.

couv62.jpgPublier, un acte scolaire?
http://www.cndp.fr/DossiersIE/62/som62.asp

L'un des articles intéressera particulièrement le professeur de français, souvent à l'initiative de projets éditoriaux qu'il réalise avec le concours de ses élèves : en effet, à travers l'usage des nouveaux supports numériques (blogs, podcasts...) on retrouve les apprentissages fondamentaux de l'écriture et de la lecture qui sont la base de leur enseignement.

Odile CHENEVEZ (CLEMI, IUFM Aix-Marseille) s'est donc interrogée sur les enjeux de ces nouvelles publications, dans une perspective de réflexion historique et didactique  :

Publier, quelle drôle d’idée !
Si les travaux scolaires sont habituellement confidentiels, l’idée a maintenant fait son chemin de les divulguer à un public plus ou moins large, plus ou moins repérable.  C’est le sens didactique de ce geste que l’on souhaite ici mettre en lumière et en débat.
À lire

Partant du postulat que la démarche de publication ne faisait pas partie des prérogatives des élèves jusqu'au début du 20ème siècle, elle fait un lien entre les publications actuelles sur Internet avec les journaux scolaires initiés par Freinet en 1927. Elle montre ensuite que cette démarche est aujourdhui intégrée aux attentes scolaires et fait officiellement partie des apprentissages, notamment au sein du B2i , mais que d'autres voies que le texte numérique peuvent aussi être empruntées pour atteindre les mêmes objectifs. 

Forme hybride qui tient de l'exercice scolaire, de l'initiation à la la citoyenneté à travers le respect des règles éditoriales, de la création artistique et de la démarche journalistique dans le  traitement de l'information, la publication scolaire a de quoi enthousiasmer, pourvu qu'on en mesure les enjeux et qu'on en maîtrise le fonctionnement. 

Si l'envie de publier avec vos élèves vous titille, vous pourrez vous reporter avec profit aux descriptions de pratiques pédagogiques liées aux blogs, sur Educnet :

http://www2.educnet.education.fr/sections/lettres...

"Enseigner le français par les blogs / Écrire et publier des contes en sixième / Sur les traces de Louis XIV / Le blog du professeur / Des élèves critiques littéraires / Un blog pour découvrir Internet / Un blog franco-allemand / Découvrir la blogosphère au lycée professionnel / Le blog de deux élèves peu francophones / Écrire et publier toute l’année en sixième / Comment créer son blog ? ».

Publier, quelle bonne idée !

Isabelle FARIZON

*les Dossiers de l'Ingénierie éducative , présentation sur le site du SCEREN-CNDP :
http://www.cndp.fr/DossiersIE/

25.09.2008

Des outils numériques pour le français et les langues anciennes

Connaissez-vous les Dossiers de l'Ingénierie Educative ?

Cette revue se propose d'accompagner, par des articles de réflexion , des témoignages sur les pratiques, des références bibliographiques et autres, l'intégration des nouveaux outils pédagogiques dans l'enseignement et l'éducation en général.

Le numéro 61, de Mars 2008, est consacré à l'intégration des TICE dans les cours de Français

il se divise en plusieurs rubriques, avec quelques articles en ligne :

  • Enjeux et perspectives, pour enrichir la réflexion didactique sur l'évolution de l'enseignement sous l'effet des TICE.
    Lire, par exemple : Texte et TICE
    La réflexion sur les technologies numériques se trouve au cœur de la formation littéraire parce que ces TIC impliquent de nouvelles pratiques d’écriture et de lecture et induisent de nouvelles postures intellectuelles.
    À lire (PDF, 113 ko)

  • Tribune libre : trois récits d'expérience assez particulières, qui montrent à quel point le Web peut révolutionner l'approche et le contenu de la discipline, à lire en ligne :
    Marionnettes et grec ancien sur Second Life
    Abandonnant les forums d’enseignement à distance du grec ancien qui ne le satisfont plus, un enseignant installe son école sur Second Life et raconte ses cours avec ses nouveaux élèves.
    À lire (PDF, 946 ko)

    Littérature numérique et texte dynamique
    Sur le Web considéré comme un laboratoire littéraire, programmes et instruments spécifiques permettent de produire des œuvres qui conduisent à redécouvrir quelques notions essentielles autour du texte – des œuvres dont la visite est à recommander !
    À lire (PDF, 152 ko)

    Le texte questionné par les médias informatisés
    Du texte à l’écran, d’un texte à un autre, d’une machine à texte à une autre. Des formes écrites à regarder de près.
    À lire (PDF, 202 ko)

  • Applications pédagogiques : des témoignages sur l'usage du videoprojecteur, de la page web, du blog pédagogique, et sur la mise en place du B2i :
    Le blog pédagogique, premières impressions d’une utilisatrice balbutiante
    Quelques repères pour se lancer dans la création d’un blog avec les élèves.
    À lire (PDF, 537 ko)

  • En classe pupitre : des idées d'applications pour des classe équipées, qui renouvellent des situations d'enseignement pourtant très traditionnelles :
    Préparer l’épreuve orale de l’EAF avec les TICE en classe pupitre
    Écrire et s’enregistrer, puis se relire et s’écouter collectivement, deux étapes pour apprendre à s’évaluer.
    À lire (PDF, 87 ko)

  • Outils et ressources : on y trouvera en particulier des ressources pour l'enseignement de la langue, devenu complexe et problématique, au collège comme au lycée :
    Les outils de la langue
    La langue, par la richesse et la complexité de ses structures, s’accommode mal de la logique imposée par l’informatique : quiconque essaie d’exploiter le correcteur grammatical d’un traitement de texte s’aperçoit vite des limites actuelles de l’outil. Est-ce à dire que les TICE, fort utiles dans d’autres domaines, se trouvent limitées à nombre d’exerciseurs systématiques – d’une qualité très inégale – qui fleurissent sur la Toile, dès lors qu’il s’agit de l’enseignement de la langue ?
    De multiples outils numériques, du plus modeste au plus hautement sophistiqué, peuvent aider les élèves à accéder à une meilleure maîtrise de la langue, voire bousculer des pratiques jusqu’alors bien établies.
    À lire (PDF, 678 ko)

  • Un point d'actu :
    « Un point d’actu » : Des outils pour les langues anciennes.
    Scénarios pédagogiques au cœur de l’Antiquité

Mais il ya encore beaucoup d'autres articles à ne pas manquer, qui mêlent des descriptions pratiques comme l'usage du TBI en classe de français, aux réflexions de fond sur les modifications de la dynamique des réseaux sociaux dans la classe par exemple...

Voici le sommaire complet : http://www.cndp.fr/DossiersIE/61/som61.asp

On peut acheter cette revue au numéro, ou s'y abonner : un bon investissement à faire sur les crédits d'enseignement dans les établissements...

D'autres numéros peuvent aussi concerner notre enseignement :
Ressources en ligne : n°58
l'ENT et l'école étendue : n°60

Bonne lecture, bonne (in)formation continue !

Isabelle FARIZON

17.06.2008

Un site internet à l'EAF

Voici qu'approchent les épreuves de l'EAF (Epreuves anticipées de Français)pour les élèves de 1ère en lycée.

A l'oral, ils doivent présenter à l'examinateur,  un descriptif des lectures et activités de la classe , sur lequel figure une rubrique : Activités personnelles du candidat. Elles consistent souvent en des lectures complémentaires, des réalisations personnelles (anthologie poétique par exemple), des activités diverses (partcipation à un spectacle théâtral, écriture de poèmes etc...)

Voilà que depuis deux ans,  pour l'objet d'étude intitulé "Etude d'un mouvement littéraire et culturel du XVIe au XIIIe", je fais figurer, au lieu de la traditionnelle lecture d'oeuvre,  un site internet sur lequel le candidat a travaillé personnellement .

Pourquoi ? Parce que ce site permet à la fois de travailler sur des images (indispensables pour cet objet d'étude), sur l'histoire littéraire et sur divers documents. En l'occurrence, il s'agit des sites de la BNF (Bibliothèque Nationale de France), reproduisant dans une très belle et très claire présentation des expositions thématiques permettant un véritable apport culturel pour ceux qui sont loin de Paris et de ses ressources.

 

Cette année, j'ai choisi l'exposition consacrée aux Lumières : "Un héritage pour demain".

http://expositions.bnf.fr/lumieres/

 

BNF Lumières accueil.png

Les élèves doivent d'abord visionner l'exposition "en images" à partir de la page d'accueil, et répondre à un questionnaire détaillé dont la structure est celle de l'exposition (par sous-thèmes : l'esprit des Lumières, la contestation de la religion, sciences et éducation etc...) : chaque page (numérotée) fait l'objet d'une question dont la réponse se trouve dans la courte légende ; en cliquant sur les images associées, ils obtiennent une vue agrandie du document iconographique, accompagné d'une légende spécifique.

BNF Lumières ex de page.png

 

  Ce travail qu'ils peuvent faire individuellement, chez eux ou au lycée  est assez long, mais n'est pas difficile ; une question de synthèse, telle que celle qu'on pourrait leur poser à l'entretien oral du bac, récapitule ce qu'il doivent avoir retenu sur le thème. 

 

EXEMPLE :

 LES LUMIERES : L’esprit des Lumières

  • Pourquoi la dénomination « Lumières » ? (1)
  • quelle est la devise des Lumières ? (2)
  • quelles particularités a ce mouvement ? (3), (4)
  • quelles sont les valeurs essentielles défendues par les Lumières ? (5), (6)  
  •  quels hommes ont incarné l’innovation des Lumières et pourquoi ? (7)

SYNTHESE : quels étaient les principaux objectifs des Lumières ?

Enfin,  ils doivent approfondir leurs connaissances en exploitant une autre ressource du site : dans la partie "Arrêt sur/Principes et idéaux" à partir de la page d'accueil : ils doivent choisir l'un des sous-thèmes proposés (reprenant ceux de l'exposition en images), lire l'exposé plus détaillé correspondant, et choisir cette fois une image précise de la page, de manière à pouvoir la décrire et en parler à l'examinateur du bac.

 

BNF Lumières Arrêt sur.png
Ce travail est fort apprécié des élèves, car il est à la fois autonome et dirigé, visuel et intellectuel ;  j'ose croire que cette lecture active permettra d'ancrer dans leur esprit, des connaissances essentielles sur le Siècle des Lumières ; j'espère aussi que l'examinateur exploitera ce travail en interrogeant l'élève dessus lors de l'entretien dialogué, et ne s'effarouchera pas du support documentaire choisi.
 
Isabelle FARIZON

 

30.01.2008

Enseignement traditionnel, pratiques innovantes

Je voudrais vous faire part de deux pratiques pédagogiques qui montrent qu'utiliser les TICE ne veut pas dire forcément remettre en cause  tout son savoir-faire...

 

La première est celle d'une collègue, Ingrid LESUEUR,qui a imaginé un entraînement à l'épreuve orale du baccalauréat sous une forme nouvelle grâce à divers procédés d'enregistrement. Je la laisse présenter cette expérience :

"En utilisant le laboratoire de langues , sur deux heures, la classe est passée intégralement (en deux moitiés : tirage d'un sujet, 30 mn de réparation, 10mn d'enregistrement. Il ne s'agit que de la première partie de l'oral, en revanche)  En fait, l'expérience a été très concluante. Seul couac : une élève n'a pas réussi son enregistrement. Je l'ai renouvelée en me mettant au goût du jour : à plusieurs reprises, l'an passé et cette année, les élèves m'ont fait des "DM" [devoir maison NDLR] s'enregistrant à la maison et m'envoyant leur fichier MP3, ou me prêtant leur lecteur MP3 s'ils ne pouvaient envoyer par voie électronique. Je vais refaire deux "DS" [devoir surveillé NDLR] au lycée, en mixant enregistrement classique, pour ceux qui ne sont pas équipés, et enregistrement électronique. "

 

La seconde est la mienne, et concerne l'apprentissage du commentaire littéraire en seconde : j'ai l'habitude de commencer par une explication linéaire du texte, sous forme d'un tableau en trois colonnes : citations/observations/interprétations.

Pour aider les élèves novices à travailler leur premier commentaire, nous remplissons collectivement ce tableau en classe, par un dialogue prof-élèves tout à fait traditionnel. Disposant désormais d'un meuble multimédia avec ordinateur portable connecté à un video-projecteur , j'ai rempli le tableau directement en classe, sur l'ordi (projeté sur écran), suite aux suggestions des élèves : cela a eu plusieurs intérêts :

- les laisser se concentrer sur l'analyse du texte et l'expression orale de leurs remarques (pas de prise de notes)
- lorsque le travail s'étale sur plusieurs heures, pouvoir revenir en arrière sur ce qui a déjà été fait (début du tableau rempli) et enregistré dans l'ordi
- obtenir un document directement imprimable que j'ai ensuite distribué aux élèves, et qui correspondait vraiment à leur travail.

 

Ceci n'a rien d'extraordinaire en soi pour un enseignant habitué au maniement de ces outils depuis toujours ; c'est un véritable pas en avant pour quelqu'un comme moi, qui n'utilise des outils informatiques que depuis une douzaine d'années pour mon usage personnel, et qui n'ai pas appris à enseigner avec. D'autant qu'il faut quand même arriver à gérer la classe, les problèmes techniques (passage de Word sur Open office par ex, clavier différent entre l'ordi portable et l'ordi de bureau...) tout en se concentrant sur une saisie rapide et efficace, debout, face à la classe !

 

Bref, je suis très contente d'avoir mené à bien cette nouvelle façon de travailler un exercice dont j'avais une bonne habitude , car j'ai gagné du temps (pas de saisie a posteriori), de l'énergie (pas de gymnastique pour écrire au tableau, effacer, récrire etc...) et du calme, car l'écran fascine les élèves qui sont bien plus attentifs que devant un tableau, l'avez-vous remarqué ?

 

Voilà comment j'envisage en douceur de faire entrer ces nouveaux outils dans mon enseignement, sans repartir à 0, et sans renier des dispositifs pédagogiques traditionnels qui ont fait leurs preuves.

Avez-vous aussi ce genre d'expériences à nous faire partager ?

 

Isabelle FARIZON 

 

 

 

 

12.12.2007

Extension des ENT dans le secondaire : le bilan

Sur le Café Pédagogique du 11/12/07, on trouve un très intéressant dossier consacré au développement des ENT dans les établissements scolaires du second degré :

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/10122007... 

 - des articles critiques font le point sur le projet de généralisation et la réalité de la mise en plac

- des témoignages d'établissements montrent les multiples possibilités d'utilisation de la plate-forme, sans dissimuler les difficultés auxquelles les utilisateurs se heurtent.

Ce qui ressort est quand même l'enthousiasme pour cet outil qui induit des modifications en profondeur de la communication et du travail pédagogique, pour une meilleure efficacité, et un échange plus constructif entre les divers partenaires de l'éducation.

 En ce qui concerne mon établissement, nous en sommes à la 2ème année de mise en place de l'ENT "Scolastance". Pour l'instant, l'expérience se révèle très laborieuse et assez décevante.

En effet, le chargement de l'annuaire des utilisateurs, avec leurs droits spécifiques est très long à mettre en place, et doit être refait à chaque rentrée scolaire. Il faut un énorme investissement en temps de la part des Administrateurs, et l'outil n'a pu être opérationnel qu'après les vacances de Toussaint, ce qui est peu incitatif à l'usage.

Par ailleurs, les fonctionnalités de l'ENT sont assez riches et sophistiquées et par là-même complexes, surtout pour des collègues encore peu habitués à l'usage de l'informatique. Comme toute nouveauté informatique, il faut investir du temps au départ, pour ensuite en gagner... mais ce pari n'est pas accepté par tout le monde !

En fait, la plus grande résistance est psychologique : beaucoup de craintes, de la part des collègues :

- crainte d'être envahi dans son espace personnel 

- crainte de se trouver en position d'infériorité face à des élèves plus habiles qu'eux à la manipulation de l'informatique

- crainte d'être davantage surveillés, par les parents, l'administration du lycée, par les autres collègues  !

- crainte de devoir modifier ses habitudes et outils de travail 

Malgré tout, personnellement,  j'en tire un bilan très satisfaisant.

Je peux travailler plus souvent depuis chez moi ; la transparence sur mon travail me vaut une certaine reconnaissance de la part des élèves et des parents, et cela crée même une certaine connivence propice au travail en commun et à une communication plus sereine; j'ai dû effectivement modifier ma façon de travailler (et ce n'est pas fini !), mais je vois cela plutôt comme un stimulant à un moment de ma carrière où tout était bien rôdé et parfois, un peu fastidieux pour moi. Ce qui me gêne le plus, est le préjugé qui voudrait que les enseignants de Lettres ne soient pas les mieux placés pour lancer de nouvelles pratiques utilisant l'informatique (souvent déléguées aux représentants des disciplines scientfifiques) ; or, dans mon lycée, ce sont les profs d'histoire-géo et de français, les plus actifs sur l'ENT !

J'espère donc que l'aventure des ENT va continuer et pouvoir être généralisée dans l'Académie de Dijon : rendez-vous dans 4 ans pour en faire le bilan !

 

Isabelle FARIZON

 

21.11.2007

Le Tableau numérique interactif (TNI) : bilan d'usage et exemples de mise en oeuvre

 LE TBI est-il un outil réservé à quelques pionniers de la conquête informatique dans l'Education Nationale ?

Pas du tout ! Un intéressant article de  Michel SAUVADE, recueilli dans le mensuel n°87 du Café Pédagogique,  fait le bilan de la mise en place et de l'utilisation de cet outil au sein d'un petit lycée, avec ses implications techniques, pédagogiques et humaines : Sur le Café, article de M. Sauvade sur les TBI

Toujours sur le site du Café Pédagogique, dans l'expresso du 19 Novembre, on trouve un article du même auteur, extrait de la revue en ligne Le Labo n°2,  qui présente des usages en classe du TNI. Ces exemples concernent a-priori les professeurs d'Histoire-Géographie, mais sont très facilement transposables dans d'autres disciplines :

  • sélectionner des informations dans un document écrit ou un manuel scolaire
  • travailler sur des images (croquis ou analyse de tableaux picturaux)
  • passer de l'analyse à la synthèse : réutiliser des informations dans l'élaboration d'un devoir type bac, par exemple
  • faire une correction de devoir à partir d'extraits de copies d'élèves
  • recueillir des avis ou réponses d'élèves à partir d'un boîtier de vote individuel

L'avantage de cet article, proposé au format.pdf à l'adresse suivante : http://www.clionautes.org/revue/2007_2/Le_Labo_2_tableau....

c'est qu'il montre visuellement ce que cela donne sur le tableau  en classe....

Et si l'aspect technique vous intéresse, rendez-vous sur site

http://www.crdp-montpellier.fr/cd48/tbi/ ou http://tableauxinteractifs.fr/
 où Bernard-Yves Cochain tient à jour l’actualité des TBI (avec des comparaisons de produits entre autres...)

 

Professeurs de Lettres, utilisateurs potentiels ou expérimentés, à vos commentaires !

Isabelle FARIZON 


 

 

 

 

01.11.2007

Archiver ses cours et documents à l'aide de l'informatique

Au bout de quelques années de pratiques d'enseignement, se pose bien sûr, le problème du rangement, classement des cours et autres documents pédagogiques...

 

Les collègues qui sont entrés dans la carrière avec l'informatique peuvent arriver à diminuer considérablement, voire supprimer totalement, les documents papier pour les cours.

Voici le témoignage d'une collègue professeur de Lettres, Brigitte MIR,  qui va dans ce sens :

"J'archive tout dans mon ordinateur, avec deux copies de sauvegarde.
Je classe par année. Puis par classe. Puis par thème.
En ce moment, je suis en train de rechercher le logiciel (type bcdi - ou type google mais uniquement pour mon ordinateur) qui me permettra de retrouver plus facilement tous les textes.
Quoiqu'il en soit, j'ai jeté quasiment tous les papiers. En effet, je travaille dans une salle (et, oui, toujours la même cette année, quelle chance) équpée d'un vidéoprojecteur et d'un ordinateur : donc, mes cours sont sur ma clé usb. En début de séquence, je photocopie pour mes élèves tous les documents dont ils auront besoin (je n'utilise pas de manuel). De fait, je n'ai plus grand chose dans mon cartable, et mon dos s'en porte beaucoup mieux.
Enfin, mes élèves ayant presque tous une clé usb (ou un lecteur mp3), j'accepte volontiers qu'ils me fassent leurs devoirs sur ordinateur. Arrivés en classe, au lieu de ramasser des copies, je copies des doc.word sur ma clé.
Donc, j'ai transformé l'immense pièce "bureau" dont je me servais depuis des années et dans laquelle on circulait autour des boîtes d'archives et des piles de papier, en une grande chambre, ma foi, très agréable.... Je n'ai plus qu'un "coin bureau" - et plus de place pour les livres."

 

En ce qui me concerne, je ne me sers de l'ordinateur que depuis une douzaine d'années; j'ai donc beaucoup de documents papier que je ne peux me résoudre à faire disparaître, et que je n'aurai pas le temps de "saisir" sous un mode informatique avant la fin de ma carrière.

Alors voici comment je procéde (organisation pour le niveau lycée):

Sur mon ordinateur, j'ai créé une arborescence qui correspond exactement à l'organisation papier : mes grands dossiers s'appellent "blanc, rouge, vert..." de la couleur des trieurs ou classeurs, et les sous-dossiers correspondent exactement à toutes les subdivisions papier; si bien qu'aujourd'hui, lorsque je reçois ou conçois un document sur l'ordi, je ne l'imprime plus, je le range dans la partie numérique correspondante ; et quand je cherche , je consulte le dossier papier et son équivalent numérique.
 
Les grands dossiers en sont :
 
BLANC (auteurs, genres littéraires, histoire littéraire, mouvements littéraires, thèmes)
 
GRIS (peinture, BD, chanson, cinéma, photographie, presse, publicité)
 
JAUNE (gestion des classes, documents professionnels, ressources pour l'enseignement des lettres, actions culturelles, TICE)
 
ROUGE (objets d'étude 2nde, objets d'étude 1ère)
 
VERT (outils pour l'explication de texte, travail du sujet d'invention, travail du résumé-discussion, travail de  l'argumentation, travail du commentaire littéraire)
 
VIOLET (didactique de  la discipline, travail de la langue, préparation aux épreuves de baccalauréat)
 
L'ordi me sert aussi beaucoup à faire des renvois : par ex, la Nouvelle Revue Pédagogique propose des séquences avec plusieurs textes d'auteurs et plusieurs activités; je découpe mes revues pour en archiver les éléments en choisissant le critère que je pense utiliser en priorité ; mais j'indexe dans d'autres dossiers des références plus précises avec renvoi :
par ex, une séquence papier sur l'apologue sera classée dans la chemise "1ère argumentation", et dans une sous-chemise "apologue" ; mais comme elle contient des textes d'auteurs différents qui peuvent me servir à autre chose, j'indexe sur l'ordi à  AUTEUR /LA FONTAINE (par ex) tel texte dans un doc fourre-tout appelé "références à l'oeuvre de La Fontaine" avec "cf. APOLOGUE"; même principe, s'il s'agit de l'entraînement à un type d'exercice qui trouvera sa place dans le dossier numérique "Méthodes et techniques" (VERT).
 
En fait, c'est le fonctionnement d'une base de données, mais sans logiciel de recherche ni de saisie... C'est plus artisanal ! Mais , c'est efficace, je retrouve toujours ce que je cherche !!
 
Il faut dire que je passe entre fin Juin et début Juillet, beaucoup de temps à ranger, classer, dépouiller les revues ; mais c'est la condition pour ne pas perdre du temps durant l'année scolaire suivante, et pour ne pas m'énerver à refaire des documents.

 Loin de moi l'idée de me poser en modèle, tant cette question du classement et rangement est personnelle...

Mais cela peut donner des idées ! 

  Une dernière remarque : si vous débutez dans le métier, réfléchissez très tôt à un organisation cohérente, qui ne soit pas trop liée à des critères fluctuants (réformes, niveau de classe, années scolaires), mais à des critères récurrents et stables (auteurs, dissertation, explication de texte, lecture de l'image, étude de la langue...)
 
Et vous, comment vous servez-vous de l'ordinateur dans l'organisation de votre travail pédagogique personnel ?
Faites-nous partager vos pratiques !
 
Isabelle FARIZON 
 

 

27.10.2007

"La minute littéraire" : un exercice innovant

J'ai découvert avec bonheur le compte-rendu de cette expérience pédagogique menée par Mr Carlos GUERREIRO, professeur certifié stagiaire Lettres Modernes, lors du stage qu'il a effectué au Lycée Mistral, à Avignon.

 En voici la présentation qu'il en fait :

 

"La Minute littéraire" est un rendez-vous régulier qui permet à chaque élève de présenter oralement une citation littéraire de son choix devant la classe et de préciser ce qui a motivé cette préférence. Ce dispositif répond à plusieurs objectifs :

  •  

  • Culture littéraire : chaque élève a l’occasion de découvrir (et peut-être de mémoriser) une à deux citations d’auteur par semaine, ce qui au terme de l’année constitue un vaste ensemble, potentiellement mobilisable pour les dissertations futures de l’élève.
  • Expression orale : ce dispositif permet à chaque élève de s’exprimer (même brièvement) devant la classe entière.
  • Recherche documentaire : chaque élève doit mener des recherches documentaires afin de sélectionner une citation et d’extraire les informations les plus pertinents de la biographie de l’auteur. Cette recherche mobilise à la fois les ressources du CDI (dictionnaires, encyclopédies, …) et l’Internet.
  • Technologies de l’information : les technologies informatiques sont mises à contribution sous différentes formes (recherches sur Internet, usage du traitement de texte, du mail, mise en ligne d’informations sur un site dédié).

L’instauration de ce dispositif se fait en trois temps :

  1. Mise en place en classe
  2. Saisie des travaux des élèves sous forme informatique (document Word) afin de composer le " livre d’or des citations " de la classe
  3. Mise en ligne des travaux des élèves sur un site dédié.

Suivent un descriptif précis et rigoureux des modalités de mise en place et des exemples de citations contextualisées mises en ligne par les élèves. Le tout est accompagné de fiches pédagogiques à télécharger.

 

 Cette expérience me semble intéressante dans la mesure où elle est bien ciblée, simple dans sa démarche et pourtant très riche dans son contenu et ses enjeux :

- pratique de la recherche documentaire pour se cultiver de manière autonome

- pratique des nouvelles technologies  pour une production écrite, mais qui n'exclut pas l'apprentissage de la parole orale

- mutualisation des connaissances par un travail collaboratif

 

 Par ailleurs, sa mise en place n'est guère compliquée techniquement, puisqu'il suffit de disposer d'ordinateurs : le support est ici le site du lycée pour la mise en ligne, mais on pourrait faire la même chose sur un blog ou dans l'espace de travail collaboratif d'un ENT .

 

 Bref, un bon exemple, selon moi d'une intégration en douceur des TICE dans notre enseignement : la structure pédagogique de l'exercice n'est pas très éloignée d'une organisation traditionnelle, mais l'usage des TICE n'est pas ici qu'une simple modernisation de la communication ;  on voit bien que l'usage d'internet et du support numérique ont aussi des intérêts propres sous forme d'un enrichissement culturel et relationnel .

 voir la page :

http://lettres.ac-aix-marseille.fr/lycee/minute/minute-li...

Isabelle FARIZON 

 

 

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