05.06.2007

Les plaisirs et les joies du brouillon numérique

a8df602b5dc742987d4600dd5a7d142c.gifSylvain St-Jean, enseignant canadien, nous fait partager ses aventures et idées pédagogiques via son cybercarnet.

L'un de ses billets relate les observations qu'il a pu mener dans le cadre de l'écriture collective et quotidienne réalisée par les élèves de sa classe et publiées à l'aide d'un blog : autant de moments qui l'ont conduit à réfléchir sur l'écriture et la notion de "brouillon numérique" .

 En quelques lignes passionnées, il invite enseignants et élèves à repenser la notion de brouillon et à saisir le texte spontanément dès les premières minutes de sa création.

"Mais pourquoi serait-ce plus simple d'écrire dans un blog?" ajoute-t-il. "Premièrement, à l'ordinateur, le brouillon est le propre et le propre est le brouillon.  On ne s'inquiète de rien: on laisse aller son inspiration.  Tout peut être structuré après le premier jet sans avoir à recommencer si la structure est incompréhensible.  Combien d'enfants ont été agréablement étonnés de découvrir cette stratégie! On peut organiser sa pensée après avoir écrit nos idées.

Deuxièmement, le brouillon devient le propre aussitôt les corrections terminées.  On peut ajouter ou enlever des lettres ou des mots sans tacher sa feuille avec une gomme à effacer. Vous voulez insérer un mot dans une phrase, enfantin!  Il est aussi très facile de déplacer tout un paragraphe à la fin d'un texte sans avoir à ne rien retranscrire.  Pas de ratures, pas de flèches compliquées à comprendre.  Avec des enfants, ces stratégies nous permettent de sauver beaucoup de temps et évitent de les décourager avec des corrections laborieuses.  De plus, ces façons de faire sont en accord avec leurs manières de penser:  les jeunes d'aujourd'hui sont habitués d'utiliser l'ordinateur.  Ils sont habitués d'explorer les jeux, les logiciels et d'apprendre en ajustant leurs actions au fur et à mesure qu'ils avancent.  On le fait et on avance.  À l'ordinateur, rien n'est définitif.  On peut toujours reprendre et rectifier à loisir sans repartir à zéro.  Écrire dans un blog permet ce genre de souplesse que les jeunes connaissent bien.

Troisièmement, le blog apporte une autre dimension à l'écriture, il lui donne une signification d'être.  Les élèves ne remplissent pas simplement une feuille de papier qui sera raturée, recopiée, évaluée et oubliée dans un cartable.  Ils écrivent à quelqu'un.  Ils écrivent pour être lus, pour s'expliquer, pour demander ou pour répondre à une question."

Pour en savoir plus : le blog de Sylvain St-Jean

Christelle MEMBREY.